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J'écris ce texte le 2 mai 2002. La date n'est pas indifférente. Oui, montrer de beaux films aux enfants dans une salle de cinéma en accompagnant cette projection d'un travail pédagogique, me semble une tâche nécessaire et essentielle de l'Ecole de la République. Oui, comprendre et donc aimer davantage toutes les formes d'art. Oui, découvrir d'autres cultures à travers des films du monde entier, c'est comprendre et aimer mieux l'humanité. Oui, l'éducation à l'image à travers le cinéma permet de mieux appréhender notre monde et ses représentations. Oui, montrer le chemin des salles de cinéma aux enfants, c'est leur apprendre que les lieux culturels sont ouverts à tous, sans discrimination aucune, et qu'ils sont des lieux de partage et d'échange. Il n'y a pas si longtemps, en Europe, on brûlait les livres. Aujourd'hui, à l'heure de l'Internet, il devient plus difficile d'empêcher la circulation des écrits. Alors, on ferme les salles de cinéma, celles qui proposent une programmation ouverte et généreuses, celles où l'on débat, où l'on se rencontre. Les Enfants de cinéma a cette mission, difficile mais essentielle, de faire comprendre que si l'émotion que suscite en nous un film est intime, on peut, cependant en parler ; qu'elle se nourrit aussi dans la discussion, parfois la controverse, et que le point de vue de l'autre est une aide précieuse pour fortifier ou amender ma propre opinion.
Olivier Ducastel, président des Enfants de Cinéma Il a réalisé avec Jacques Martineau Jeanne et le garçon formidable (1998), Drôle de Félix (2000) et Ma vraie vie à Rouen (2003).
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