Historique & fonctionnement

On ne va pas au cinéma pour échapper à la télévision !
On va au cinéma pour aller au cinéma.

Un peu d’histoire

Le département de la Dordogne a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, sur une partie de l'ancienne province du Périgord. La Dordogne fait partie de la région Aquitaine et est limitrophe des départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze, du Lot, de Lot-et-Garonne, de la Gironde, de la Charente-Maritime et de la Charente. La Dordogne, c'est l'ancienne province du Périgord.

Sur la route de Paris aux Pyrénées, à égale distance du pôle et de l'équateur, elle est traversée par la transeuropéenne et le 45ème parallèle.  Elle bénéficie de par sa localisation, d'un climat particulièrement tempéré, qui en fait une région agréable à vivre en toutes saisons. Aux confins des zones océaniques, continentales et montagnardes, elle exprime sa diversité.  C'est cette diversité toute en nuances qui est évoquée au travers des quatre couleurs du Périgord, quatre pays qui n'en font qu'un.

Qui a dit qu'il ne se passait rien dans nos campagnes ?

Envie de se faire une toile en habitant en Dordogne ? Rien de plus facile. Outre les salles des trois principales agglomérations périgourdines, le réseau Ciné-Passion en Périgord tisse sa toile sur vingt-deux points de projection en milieu rural. Ce réseau est le résultat de plus de vingt-cinq ans de politique publique des collectivités locales (les mairies) et territoriales (le Conseil Général de la Dordogne, le Conseil Régional d’Aquitaine, l’Etat, et même l’Europe - c’était avant le référendum et ça s’appelait le programme Leader 2 haut-Périgord).

Le cinéma à la campagne n’est pas une utopie, surtout dans l’hexagone où le parc de salle est l’un des principaux au monde. La Dordogne n’échappe pas à la règle.

Ça commence à Saint-Astier…

Parce qu’ils en avaient assez des films de Bébél qui passaient six mois après leur sortie à Paris, marre des conditions de projection, marre surtout que la salle ne soit pas appréciée et donc utilisée par les habitants, dès 1986, quelques « fêlés de ciné », Jean-Claude Camboulives, André Champeaux, Daniel Mignard... regroupés autour d’un jeune bénévole, Yannick Biot, vont convaincre le jeune maire de l’époque, Jacques Monmarson, de racheter le cinéma et de le gérer comme on gère une piscine ou tout autre équipement collectif. Le cinéma La Fabrique de Saint-Astier devient alors le premier cinéma municipal d’Aquitaine. Dès lors, une dynamique s’instaure et trois autres petites salles privées du département (Ribérac, Nontron, Montignac) reprennent la même idée lumineuse, celle de faire perdurer la vie de la salle.

Le Conseil Général de la Dordogne, sous l’impulsion de Guy Schneller, a su, dès 1990, faire confiance à ces acteurs de terrain. En effet, il a souhaité mettre en synergie la volonté politique départementale et les souhaits des municipalités périgourdines afin de fédérer les cinémas dans un réseau de salles du milieu rural, lieux culturels de proximité indissociables de tout développement socio-économique.

Le développement

En 1991, le cinéma associatif le Club à la Roche Chalais, intègre le réseau. Puis, en 1997, ces cinq salles décident communément de créer un circuit de cinéma itinérant, par solidarité avec le Nord du département. Ce circuit itinérant est le seul de France à avoir été créé à l’initiative de salles de cinéma sédentaires. Entre 1998 et 2003, cinq autres municipalités (Le Buisson de Cadouin, Terrasson, Thiviers, Mussidan et Montpon Ménestérol) vont se rapprocher de Ciné-Passion en Périgord.

Ainsi, treize ans plus tard, aucun périgourdin n’habite à plus de vingt kilomètres d’un lieu de projection. Cette volonté départementale de déléguer à une association l’aménagement du territoire en matière de diffusion cinématographique, démontre parfaitement le rôle de catalyseur du Conseil Général de la Dordogne et la capacité d’une association – en contact direct et quotidien avec le public – de prévoir les attentes et de sensibiliser les publics. Au delà de la sortie cinéma, c’est bien le lien social émanant de la sortie qui prévaut dans la politique de l’association.

La Dordogne est à ce titre un exemple. C’est en effet un département qui a vu sa fréquentation cinématographique quadrupler en l’espace de quinze ans en milieu rural (65 000 spectateurs en 1993, 250 000 en 2005), et ce grâce à son réseau de salles (cinq salles en 1991, dix salles plus un circuit itinérant en 2003). La salle de cinéma devient, au-delà du lieu permettant la projection de film en exclusivité, un lieu de convivialité que les spectateurs s’approprient notamment par l’acquisition régulière de cartes d’abonnement

L’accès au film

La salle de cinéma est une structure qui clôt un système, production, distribution et exploitation. Néanmoins, depuis la fin des années 90, la salle de cinéma ne clôt plus la chaîne et le DVD, la VOD, la télévision par satellite ou la TNT permettent à de nombreux amoureux du cinéma de « se faire un ciné à la maison ». Les entrées en salle ne représentent plus que 30 à 70 % des recettes d’un long métrage.

Les salles de cinéma de Ciné-Passion en Périgord font toute preuve d’une hétérogénéité concernant leur programmation. Toutes classées « Art et Essai » (y compris le circuit itinérant), elles conjuguent chaque semaine le doux équilibre entre film commercial, film d’auteur, film jeune public, film du répertoire ou encore documentaire…

Toutes les salles du réseau sont programmées par une entente de programmation, Sagec-Ciné 32. Cette interface entre les distributeurs de films et nos salles est dirigée par Jean-Pierre Villa et Alain Bouffartigues. Sagec-Ciné 32,  c’est un réseau de plus de 250 salles de proximité dans le grand Sud-Ouest ; c’est aussi un allié de poids dans le difficile accès aux copies de films.

L’organisation

Le Centre Culturel La Fabrique, siège de l’association, est le lieu fédérateur des responsables de salles. Ils s’y  rencontrent chaque mois afin de partager savoirs et incertitudes. C’est un espace temps où les dix animateurs-projectionnistes parlent un langage commun, complétant les échanges quotidiens qui les lient à leurs employeurs (mairie ou association).

Cette concertation visible (par des animations, des rétrospectives, des mises en place d’avant-premières ou de sorties nationales) et invisible (échange de savoirs, entretiens quasi quotidiens, échanges de films permettant une meilleure exclusivité, programmation en amont sur les films porteurs et sur les films d’auteurs) a permis rapidement à chacune des salles adhérentes de se forger une image d’outil culturel de proximité et d’accueillir chaque année d’avantage de spectateurs.

La formation continue des responsables de salle permet également une réelle implication de chacun dans le réseau et une meilleure relation entre chaque agent municipal en charge de la salle et son employeur, le Maire ou le Directeur général des services.